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Histoire


Le peuplement :
le sud et le centre du pays ont connu un destin commun aux peuples du golfe de Guinée tandis que le nord, frontalier du Niger et du Burkina Faso, a connu le même destin que celui des peuples de la savane. Une opposition que l'on retrouve dans les qualificatifs d"Afrique des greniers" (en référence au grenier de maïs ou de mil que l'on trouve dans le domaine des savanes africaines, comme au Mali, au Niger ou au Burkina Faso) opposés à l'« Afrique des paniers » (située autour de l'équateur et correspondant en Afrique occidentale, au sud de tous les pays littoraux du Golfe de Guinée, où en raison du climat équatorial favorable à l'agriculture, rien ne sert d'entreposer, il suffit juste de « porter ») Ainsi, selon d'ancienne tradition orale, au début du XVIe siècle, les Adja quittèrent la ville de Tado, établie sur les rives du fleuve Mono, au Togo, pour s'établir à Savé et à Allada, dans le Sud. Vers 1620, les héritiers du royaume d'Allada se disputérent le trône, entrainant la formation, au sud est, du royaume d'Hogbonou, dans la localité d'Adjatché (Futur Porto Novo) et plus au nord, sous la direction de Houegbadja (1645-1689), au royaume du Dahomey, à partir d'Abomey, qui devint la capitale du royaume. Au XXeme siècle, sous l'autorité de 12 rois traditionnels, à commencer par Gangnihessou, le royaume du Dahomey s'empare du royaume d'Allada et de Savé et dispose désormais d'une large fenêtre sur la mer. Le royaume du Dahomey devient une entité politique régionale arrogante mais organisée (très originale dans la région), une société complexe, rafinée, efficace mais aussi cruelle et sanglante, notamment lors des funérailles royales qui s'accompagnaient de sacrifices humains. Le royaume prendra l'habitude de commercer avec les négriers, commercialement et politiquement, en particulier avec les Portugais et les Néerlandais (qui arrivèrent au Bénin à la fin du XVe siècle). Le Dahomey devint donc la puissance dominante de la région, le roi Houegbadja ayant même à sa disposition un contingent de femmes amazones (anciennes chasseresses d'éléphants). En 1782, Adjatché la capitale du royaume rival d'Hogbonou est baptisée Porto-Novo par les Portugais installés dans le comptoir négrier de Ouidah. Dans la première moitié du XIXe siècle, le roi Guézo du Dahomey donna à la richesse de son royaume d'autres fondements que le commerce des esclaves, développant la culture du palmier à huile afin de répondre à la demande européenne et introduisant de nouvelles cultures d'origine américaine (maïs, tomate, arachide, tabac). Le pays était sucer, constitué de villages réguliers et très propres, et de cultures bien ordonnées.


Colonisation :
Dés 1851, la France signa un traité commercial et d'amitié avec le chef de Porto-Novo, vassal du roi Glélé du Dahomey, qui régna de 1858 à 1889. Par les traités de 1868 et de 1878, la région de Cotonou, située entre Ouidah, comptoir portugais, et Porto-Novo, fut cédée à la France. En 1883, le roi de Porto-Novo, souhaitant se protéger des visées expansionnistes du Dahomey, signa un traité de protectorat avec la France. L'un des rois les plus mythiques du royaume du Dahomey, le très noble roi Béhanzin (ayant pour emblème le requin) attaqua en 1890 les Français à Cotonou, garda 73 jours des otages français, puis assiéga d'autres villages porto-noviens protégés des Français. Il déclara même aux Français de le laisser tranquille, défiant fiérement : "Si vous voulez la guerre, je suis prêt". L'insolence de Béhanzin, envers les Français fut jugée intolérable et surtout opportune, une bonne occasion pour les Français d'en finir avec ce royaume. Béhanzin fut capturé en janvier 1894 et déporté en Martinique. Les établissements français furent regroupés au sein de la colonie du Dahomey. Dans le Nord, le royaume bariba de Nikki, qui avait atteint son apogée au XVIIIe siècle avant de se heurter à l'expansionnisme du royaume nigérian d'Ilorin, opposa une vive résistance à la colonisation française. En 1899, le Dahomey intégra l'Afrique-Occidentale française (AOF) (voir Français, empire colonial). Les frontières furent établies selon un accord commun avec la Grande-Bretagne (fixée alors au Nigeria) et avec l'Allemagne (présente alors au Togo). Après la première guerre mondiale, la scolarisation prend beaucoup d'importance (notamment grâce aux missions religieuses) et se développe surtout dans le sud qui deviendra un des principaux foyers politiques et intellectuels de l'AOF. C'est à cette époque que furent fondés de nombreux partis politiques, tandis que se développait une presse d'opposition au système colonial. Rallié à la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, le Dahomey devint un État autonome au sein de la Communauté française en 1958. Le pays accéda à l'indépendance le 1er août 1960 et entra, le mois suivant, aux Nations unies.


L'indépendance :
Depuis l'indépendance, le Bénin a connu une histoire politique mouvementée. Les douze premières années furent marquées par une instabilité chronique, les anciennes élites coloniales, pour la plupart originaires du Sud, se disputèrent le pouvoir. En 1963, le nord du pays veut sa revanche, tandis que les élites et la nouvelle bourgeoisie semblent peu préocuppées par les nombreux défis du sous-développement. C'est à cette période qu'un certain colonel Christophe Soglo (l'oncle de Nicéphore Soglo) arrive sur la scéne politique du pays, en forçant Hubert Maga, premier président du Dahomey indépendant, à démissionner. En six ans, on enregistra quatre coups d'état, perpétrés tour à tour dans un régime militaire bon enfant (dans l'ensemble). En 1970, un Conseil présidentiel constitué de trois membres, Maga, Apithy et Ahomadégbé (une présidence tournante à trois) prend le pouvoir et suspend la Constitution. Ses membres vont assumer alternativement la présidence jusqu'à en dérouter la population du pays, elle-même. En effet, la ronde des présidents devient insoutenable et en 1972, l'armée sous la direction du commandant Mathieu Kérékou décide de reprendre en main le gouvernement, destitue le Conseil présidentiel, et devient le chef de l'état du Dahomey. Mais les militaires se trouvent désemparés, sans programme et sans idées. Leur pouvoir est vide et c'est dans ce vide que vont s'engouffrer les idées des jeunes militaires et des étudiants qui ont vécu en France la période de mai 68.


La république populaire du Bénin (1974/1990) :
Ainsi, en novembre 1974, Mathieu Kérékou décide de diriger le pays dans une voie marxiste-léniniste. Le peuple n'en revient pas, les notables et autres diplomates restent abasourdis par la nouvelle. En 1975, pour réduire le poids politique du Sud, le nom de Dahomey fut symboliquement abandonné pour celui de Bénin, du nom du royaume qui s'était autrefois épanoui au Nigeria voisin. Le pays devient la "république populaire du Bénin". Le régime devient sanglant et commence à faire peur, Mathieu Kérékou élimine ses adversaires et même ses collaborateurs les plus divergents. De même, Mathieu Kérékou interdit le vaudou (paradoxalement, Mathieu Kérékou lui même aura des années plus tard un marabout personnel), la religion traditionnelle bien implantée dans le Sud. Une nouvelle Constitution, instaurant un régime à parti unique, fut promulguée en 1977. La même année, une tentative de coup d'État appuyée par des mercenaires échoue et durcit davantage le régime qui devient militaro-marxiste. Malgré tout, le marxisme-béninisme s'avère moins mauvais que d'autres, et on s'apitoie davantage sur le sort des voisins Togolais que sur le sien. Le Bénin tenta de vastes programmes de développement économique et social mais sans de bons résultats à l'arrivée. Signe de pragmatisme et de modération, les trois anciens présidents, Maga, Apithy et Ahomadégbé (emprisonnés en 1972) furent libérés en 1981. Élu président par l'Assemblée nationale révolutionnaire en 1980, réélu en 1984, Mathieu Kérékou échappe à trois tentatives de coup d'État en 1988. En 1987, les plans du FMI imposent des mesures économiques draconiennes : prélèvements supplémentaires de 10% sur les salaires, gel des embauches, mises en retraite forcées. En 1989, un nouvel accord avec le FMI sur un programme d'ajustements des structures économiques provoque une grève massive des étudiants et des fonctionnaires, réclamant le paiement de leurs salaires et de leurs bourses. En cette fin des années 1980, le pouvoir populaire n'a guère plus que quelques milliers de convaincus, une petite douzaine dit la rumeur. On finit par se demander s'il y a encore quelqu'un qui croit vraiment à ce marxisme proclamé du jour au lendemain (sans que l'ex-URSS y ait imposé quelque chose). C'est ainsi que les troubles sociaux et politiques vont conduire Mathieu Kérékou à renoncer à l'idéologie marxiste-léniniste et à accepter l'instauration d'une Conférence nationale, réunissant les représentants des différents mouvements politiques. On ne garde de l'ancien régime que le nom de Bénin qui sonne bien. La conférence est une véritable réussite démocratique. Mathieu Kérékou déclare même : "j'accepte toutes les conclusions de vos travaux". Une nouvelle constitution est établie. Un gouvernement de transition, mis en place en 1990, ouvre la voie au retour de la démocratie et du multipartisme. Le Premier ministre, Nicéphore Soglo, bat Mathieu Kérékou à l'élection présidentielle de mars 1991. Mathieu Kérékou s'en va "sans bruit" et devient donc le premier président militaire parvenu par un coup d'état à être éliminé démocratiquement.


Les années du renouveau :
Nicéphore Soglo rétablit le vaudou pour se concilier les pouvoirs traditionnels et fait du 10 janvier de chaque année la Journée nationale du vaudou. Cependant les ajustements structurels et la compression des dépenses publiques recommandées par le FMI viennent raviver le mécontentement général de la population. De plus, les trafics clandestins traditionnels s'épanouissent au grand jour (whisky à n'en plus finir, essence, ciment, voitures…) Après avoir perdu sa majorité au sein de l'Assemblée législative, le président Nicéphore Soglo, accusé de népotisme par ses adversaires, est battu par Mathieu Kérékou à la présidentielle du 17 mars 1996. C'est un choc pour Nicéphore Soglo qui après avoir crié au complot, envoie ses félicitations à Mathieu Kérékou et s'en va méditer plus de quatre mois, hors d'Afrique, les raisons de ses erreurs fatales. Démocratiquement, Mathieu Kérékou est de retour sur la scéne politique béninoise, après avoir dirigé le pays pendant quatorze années (de 1975 à 1990) dans le fiasco politique et économique de la désormais ancienne "république populaire du Bénin". Les élections législatives de mars 1999 donnent de justesse la victoire à la Renaissance du Bénin (RB), le mouvement de l'opposition dirigé par Rosine Soglo, épouse de l'ancien président Nicéphore Soglo. Ces élections marquent l'échec du Mouvement Africain pour la Démocratie Et le Progrès (MADEP), le Parti d'un des proches du Président Kérékou, l'homme d'Affaires Séfou Fagbohoun. Cependant, en mars 2001, Mathieu Kérékou est réélu président de la République avec 84,06% des voix. Arrivé en tête au premier tour, face à son prédécesseur Nicéphore Soglo, il sera confronté au désistement de ce dernier ainsi qu'à celui des deux autres candidats, qui qualifiérent le scrutin de « mascarade ». Terni par des soupçons de fraudes électorales et âgé de soixante-sept ans, Mathieu Kérékou entame donc un second mandat consécutif dans des conditions économiques fragiles.


Politique


Le 6 avril 2006, le nouveau président de la République du Bénin, le Dr Boni Yayi, 54 ans, est officiellement installé dans ses fonctions à Porto-Novo. Le nouveau président qui prône une "République coopérative et solidaire", a énuméré les quatre priorités de son mandat que sont les ressources humaines, une gouvernance concertée, le développement de l'esprit d'entreprise, la construction de nouvelles infrastructures. L'ancien président de la Banque ouest africaine de développement(BOAD) est élu président de la République à l'issue du deuxième tour de scrutin le 5 mars 2006, rassemblant 74,51% des suffrages, contre 25,49% pour Me Adrien Houngbédji, qui a présenté ses félicitations au nouvel élu. Le successeur de Mathieu Kérékou a promis un taux de croissance à deux chiffres (environ 5% actuellement) et le positionnement du Bénin en tête des producteurs du coton ouest-africains à partir de la campagne agricole 2006-2007.


Journalisme :
Il y a au Bénin une grande liberté de presse. Aussi, à cause de cela, existe t-il un "boom" des médias, dans un des plus pauvres pays du monde. Dans la capitale économique, Cotonou avec son million d' habitants, environ quarante (40) journaux quotidiens sont publiés, peut-être le record dans le monde - bien qu'il y ait plus de 50 % d'analphabètes. Les huit millions d'habitants du Bénin peuvent suivre l'ORTB de l'État et plus de 70 radios privées et 4 télévisions privées.


Climat


Le climat est tropical, chaud et humide dans l'ensemble avec des nuances saisonnières et géographiques qu'imposent l'extension du pays en latitude, le relief et l'alternance des saisons. Il pleut de 900 à 1300 millimètres d'eau par an, les régions les plus arrosées sont dans l'angle sud-est, de Cotonou à Porto Novo, l'Atacora entre Natitingou et Djougou, les régions de Dassa et de Ndali au nord de Parakou. Les maximums des précipitations sont au sud (climat équatorial), de la mi-mars à la mi juillet, et plus faiblement en novembre/décembre. La mousson, océanique et chargée d'humidité, souffle d'avril à novembre, du sud-ouest. L'harmattan continental et sec, souffle dans le sens inverse de la mousson (vient du nord, du Sahel), de novembre à mai, apportant une poussière ocre orange. Le taux d'humidité, toujours important, se situe entre 65 et 95%. La moyenne des températures reste comprise entre 22 et 34°C, avril et mai étant les mois les plus chauds (juste après que l'Harmattan a soufflé durant 6 mois, avant que la mousson n'apporte ses pluies).


Géographie


De forme étirée entre le fleuve Niger au nord et la plaine côtière dans le sud, le relief de l'ensemble du pays est peu accidenté. Le nord du pays est principalement constitué de savanes et de montagnes semi-arides. Le point culminant est le mont Sagboroa à 658 mètres. Le sud du pays est constitué d'une plaine côtière basse parsemée de marécages, lacs et lagunes comme par exemple le lac Nohoué ou la lagune de Porto Novo. La majeure partie de la population vit dans les plaines côtières méridionales, où les plus grandes villes du Bénin sont concentrées, notamment Porto Novo et Cotonou. Le pays étant situé dans une zone intertropicale, son climat est chaud et humide, avec relativement peu de pluie, bien qu'il y ait deux saisons des pluies (d'avril à juillet et de septembre à novembre). La Cour internationale de justice de La Haye a défini le 12 juillet 2005 la frontière définitive entre le Bénin et le Niger au sujet des îles dans le lit des fleuves Niger et Mékrou : neuf îles ont été attribuées au Bénin et seize, dont celle de Lété, au Niger.


Economie


Le Bénin est un pays au sous-sol pauvre, qui vit essentiellement de son port et de son agriculture. En effet, le port de Cotonou présente l'accès à la mer le plus rapide et le plus sûr pour les deux voisins enclavés du Nord que sont le Niger et le Burkina Faso. Le Bénin est également un pays producteur de Coton, activité ayant connu de très grosses difficultés ces dernières années. Ces deux poumons de l'économie ont été très lourdement sclérosés par les abus de pouvoir et la corruption, empêchant tout développement sensible de ces secteurs jusqu'à l'élection de Boni Yayi en mars 2006. Il est à noter que 70% de l'économie béninoise est informelle et les recettes fiscales de l'État sont donc maigres malgré une fiscalité très lourde pour les entreprises formelles de la place. Le Bénin est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.


Démographie


démographie Bénin

Le Bénin compte pas moins de 40 ethnies différentes, la plus grande étant les Fons qui représentent environ 49% de la population béninoise. Parmi les autres ethnies, il y a les Adjas, Yorubas, Sombas et les Baribas. La plupart de ces ethnies ont leur propre langue, bien que le français, qui est la langue officielle, soit parlé dans la plupart des villes. Parmi les langues indigènes, les langues fon et yoruba sont les plus parlées. Les religions indigènes prédominent, bien qu'une part significative de la population soit chrétienne (catholique) et musulmane. On ne peut parler du Bénin sans évoquer la part du vaudou dans la société béninoise.


Chiffres clés


Population : 7 513 946 habitants (en 2006). 0-14 ans : 47,32%; 15-64 ans: 50,38%; + 65 ans: 2,3%
Frontières terrestres : 1989 km (Nigeria 773 km; Togo 644 km; Burkina Faso 306 km; Niger 266 km)
Littoral : 121 km
Extrémités d'altitude : 0 m > + 658 m
Espérance de vie des hommes : 49 ans (en 2001)
Espérance de vie des femmes : 51 ans (en 2001)
Taux de croissance de la population : 2,97% (en 2001)
Taux de natalité : 44,23 (en 2001)
Taux de mortalité : 14,51 (en 2001)
Taux de mortalité infantile : 89,68 (en 2001)
Taux de fécondité : 6,2 enfants/femme (en 2001)
Indépendance : 1er août 1960 (ancienne colonie française)
Routes : 6 787 km (dont 1 357 km goudronnés) (en 1997)
Voies ferrées : 578 km (en 2000)
Voies navigables : n.c.
Nombre d'aéroports : 5 (dont 1 avec des pistes goudronnées)